COMMUNIQUE DE PRESSE APRES LA DEMISSION DE LETERME: NON AU CONFEDERALISME (15.07.2008)
Une réforme de l’Etat et une modernisation de notre système fédéral sont les seules issues possibles à la crise actuelle.
BPlus est déçu par la tournure qu’ont prise les discussions politiques de ces derniers jours. Elle regrette qu’au moment où la situation socio-économique requiert l’attention de toutes les personnes responsables du pays – le monde politique, les partenaires sociaux et les acteurs de la société civile au sens le plus large – les négociateurs n’aient pas pu trouver un consensus nécessaire au bon fonctionnement de la Belgique fédérale, de ses régions et de ses communautés. La démission du gouvernement fédéral montre en fait une défaite fondamentale de nos institutions et prouve que la guerre des symboles et des clichés qui gouverne depuis plus de 400 jours ne mène à rien et fait glisser notre pays sur une pente dangereuse.
Le mouvement BPlus est convaincu qu’un accord entre Flamands et Francophones reste tout à fait possible dans le cadre d’un Etat fédéral solidaire et efficace.
En effet, ce n’est pas parce que les négociateurs actuels, torpillés par les bombes d’intolérance lancées par les Bart De Wever, Olivier Maingain et consorts, n’ont pas atteint l’accord souhaité que le modèle fédéral belge n’a plus d’avenir. On ne condamne pas un système parce que ses utilisateurs ne sont pas capables ou pire encore ne désirent pas (plus ?) s’en servir correctement !
BPlus tient également à rappeler que l’alternative la plus souvent citée, le confédéralisme, consiste en la réunion de deux Etats indépendants qui décideraient d’exercer certaines compétences en commun et d’accentuer leur collaboration. Dans un Etat confédéral, il n’y a plus de parlement directement élu et le gouvernement se transforme dès lors en une réunion diplomatique composée de représentants des gouvernements de chaque entité fédérée. Le gouvernement fédéral deviendrait un organe protocolaire sans aucune valeur ajoutée ni légitimité démocratique. Confédéralisme et séparatisme sont donc très proches, la seule différence étant constituée par un traité de coopération unilatéralement annulable. Dans l’Histoire, il n’y a aucun exemple de véritable Etat confédéral qui ait duré plus de 10 ans. Cette option permet en fait simplement de passer d’un modèle unitaire ou fédéral à une séparation pure et simple.
Avec l’éclatement de la Belgique, nous enverrions également un très mauvais signal au reste du continent. Bruxelles – et donc notre pays – sont de fait la capitale de l’Europe. Jouer avec cet atout et risquer de perdre cette position préférentielle qui est la base d’une grande partie de notre prospérité et de notre bien être est de fait criminel.
BPlus compte plus que jamais intensifier son combat contre le repli sur soi, l’intolérance et le rejet de la solidarité qui s’expriment politiquement par le séparatisme et le nationalisme. Notre mouvement, qui se renforce tous les jours par l’arrivée de personnalités de premier plan, veut devenir la véritable plateforme anti-séparatiste émanant de la société civile et de tous les milieux la composant (académique, culturel, patronal et syndical). Nous lançons un vibrant appel à tous ceux et celles qui se retrouvent dans ces valeurs à nous rejoindre !
Pour rappel Bplus :
- Supporte le fédéralisme - Mais un fédéralisme efficace, ce qui signifie que pour nous certaines compétences doivent être refédéralisées, d’autres peuvent être régionalisées - Un fédéralisme équilibré, ce qui veut dire que nous vouons autant d’attention aux compétences régionales qu’à la cohésion de la fédération - Supporte le principe de la subsidiarité. Les décisions sont prises là où le niveau d’efficacité est le plus grand, ce qui n’est pas nécessairement le niveau régional comme trop de personnes veulent le croire, ou nous le faire croire, aujourd’hui - Est pour une hiérarchie des normes - Est pour l’instauration d’une circonscription électorale fédérale avec scission de BHV - et veut finalement capitaliser sur les forces des différentes régions du pays et de Bruxelles, la capitale de la Flandre, de la Belgique et de l’Europe
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